Résidence d’écrivains

#Ouessant #résidence au sémaphore du Creac’h-Automne Hiver 2021. Paul Besson, romancier.

L’association CALI accompagne de septembre à décembre 2021, le projet d’écriture d’un roman : Le Chercheur d’îles de Paul Besson. Plusieurs rendez-vous seront programmés sur l’île pendant son séjour, avec les scolaires, les associations et des rencontres publiques libres en partenariat avec la Maison de la Presse.  La résidence de Paul Besson est la 20e organisée par l’association CALI depuis l’ouverture en juillet 2009, par le poète Rodney Saint-Eloy.

rendez-vous du 27 au 29 décembre 2021 à la mairie de Ouessant.

lecture publique le mercredi 29 décembre à 15h15.

 

Paul Besson
Paul Besson.

 

Paul Besson est né en 1987. Après des études de philosophie, il a été serveur, vendeur de cigarettes électroniques, agent d’accueil, animateur dans des supermarchés… Il a aussi joué dans des pièces de théâtre pour enfants, écrit des chansons, photographié Paris la nuit. 
Paris-Saint-Denis est son premier roman, publié en 2019 Chez JC Lattès.

 

Son projet littéraire pour la résidence de Ouessant.

 

"Le projet que je souhaite réaliser, en partie sur l'île d'Ouessant, a pour titre provisoire Le Chercheur d'îles. C'est un roman autobiographique déployant trois récits, vécus en divers endroits du temps et de l'espace. Un récit se déroule à Sèvres, entre 2001 et 2003, le second dans cette même ville, entre 2019 et 2021, et le dernier à Ouessant à l'automne 2021. 
Le narrateur, dans le bureau de son grand-père, observe à la longue vue l'intérieur de ses souvenirs. il y voit une île, perdue à l'horizon du temps.

L'île du temps

En Novembre 2001, le narrateur, âgé de quatorze ans, s'enfuit de Saint-Charles, un pensionnai du nord violent, où sa mère l'a placé de force. De trains en bus, il chemine jusqu'à Sèvres, où il est recueilli par ses grands-parents. Il est alors en échec scolaire total et en rébellion absolue contre l'ensemble du monde adulte. A Sèvres, il se fera une bande de potes. Ils traineront ensemble, arpentant leur petit coin de banlieue, du skatepark au centre commercial. Et petit à petit la forêt de Sèvres, les appellera, de plus en plus irrésistiblement. Avec la forêt arrive le cannabis, l'errance et les transgressions. la bande, livrée à elle-même, grossira jusqu'à compter une trentaine de membres, jeunes drogués, désœuvrés et paisibles, errant dans les bois alors que les gens honnêtes vont en cours ou à leur travail. On fait des feux de bois dans les clairières. On construit des cabanes pour dormir dans la forêt quand on fugue. On roule des pelles aux filles dans les Blockhaus qui datent de la deuxième Guerre Mondiale. On court avec les chiens. certains soirs, les "grands" réinvestissent la clairière. Parfois les skins heads entendent récupérer des bouts de forêt. On repère leur trace aux cadavres de cannettes de bière qu'ils laissent. Les tensions montent. Un jeu de cache-cache anxiogène se met en place, jusqu'à un grand soir, ou plus de cent personnes se retrouveront à la clairière, attendant de pied ferme l'arrivée prévue des skins. La grande bataille n'aura pas lieu. Restera ces étranges nuits passées à plusieurs, à arpenter les bois dans un état second. 
Au même moment il découvre le théâtre, et cette pratique, dans laquelle il se jette à corps perdus, lui ouvre les portes d'une sociabilité plus apaisée, et qui maintient, dans une certaine mesure, , un canal de communication ouvert entre le narrateur et le monde extérieur. Ainsi s'écoule deux années agitées, entre rêve idyllique et cauchemar étrange. Et puis un jour, même le collège de Sèvres, même ses ses grands-parents en ont marre de lui. Le narrateur est trop agité. En juin 2003, il quitte la forêt de Sèvres et sa bande, figeant ainsi cette période dans le temps, comme une île rêvée et fantomatique, à jamais hors de portée.

 

#Ouessant #résidence d’écriture Cali juillet 2021. Aurélia Coulaty. Souvenirs.

La résidence d’Aurélia Coulaty fut la 19e organisée par l’association depuis 2009. Bien que de moindre durée et associée à la 23e édition du salon international du livre insulaire, elle correspondait à une candidature intéressante pour un projet de littérature jeunesse lié à un album insulaire.

"Ici incarner, ancrer. Voir plus loin. C'était l'idée.
D'abord il y avait ce documentaire que j'avancerais en résidence. Venir à Ouessant pour écrire sur les îles. Pour cela, plonger dans la bibliothèque insulaire de la Jeanne, splendide maison biscornue habitée de récits, de passages, d'espérances. Y entrer, en sortir. Dehors, aller et venir - comme j'aimais ça. J'avais une carte mais je ne la déplierais pas, j'avais une bicyclette, mais où était mon bonnet (on est d'accord que ce vent...), j'avais mon bonnet, mais qui m'avait piqué la bicyclette, et enfin, où étaient passées les clefs de la porte merveilleuse ! J'ai pédalé de la Jeanne à la Duche, de Yuzin au salon, pas plus loin, pas jusqu'aux confins de l'île, je n'ai pas vu le Cromlech ni le musée des phares et balises, ni le Niou, ni les fontaines, ni l'autre moitié des levers, des couchers de soleil, je pédalais après le temps, j'ai pédalé après des gens, elle menait là ma recherche et c'était ça mon bonheur : il y avait, de Lampaul à Toul al Lann, cette force centrifuge qui ramène vers... des gens ?

 

Ouessant, c'était, surtout là, pour moi, ces retrouvailles avec des inconnus. 

Toutes ces îles dans nos têtes. 

Ça nous rend famille. 

Oui ça nous rend famille !



  Ici incarner. Ancrer. Voir plus près. C'étaient les faits.


Et puis, elle était belle la surprise. 

Vous m'avez bien soufflée, avec le prix pour Chaumière.

Je vous remercie, encore et encore. 

Je pense à vous,

A."

blog personnel de l’auteur : Pollo Mundo (canalblog.com)

 

 

Écrire l’insularité, écritures et écrivains insulaires, écrire l’île, réelle ou imaginaire. La résidence d’écrivain d’Ouessant a été créée en 2009 par l’association CALI au Sémaphore du Créac’h pour accompagner les écritures insulaires contemporaines en lien avec l’insularité.

 

 

2020 Benjamin Bozonnet.


L’association Culture, arts et lettres des îles a pour but la promotion de la culture insulaire. Elle a son siège social sur l’île d’Ouessant. Crée en 1999, elle porte des projets culturels dans la durée. Créée en 2009, la résidence de notre association est la seule sur une île en Bretagne, et pour les écrivains professionnels la seule en Finistère.

La résidence n’est pas une action isolée, elle se situe dans un ensemble cohérent d’un projet culturel de l’association visant à promouvoir la littérature des îles. Avec ses actions de diffusion : salon du livre tous les ans au mois d’août, (22e édition en 2020) publication d’une revue littéraire semestrielle : l’Archipel des Lettres, bibliothèque, centre de ressources, elle conjugue les modes de l’action culturelle également sur le registre d’aide à la création par l’organisation des résidences. Les liens sont tissés entre les différentes actions et se rejoignent et se croisent entre la résidence et le salon, entre la résidence et la revue.
La résidence est consacrée principalement à la création personnelle, et est ponctuée de rencontres publiques avec différentes tranche d’âge de la population ouessantine.

La résidence bénéficie du soutien financier du Conseil Régional de Bretagne, de la Mairie d’Ouessant, du Conseil départemental du Finistère, (propriétaire du lieu) et de la DRAC Bretagne, et pour les auteurs des bourses de création du Centre National du Livre.