2010 : Ecrivains de Nouvelle-Calédonie au Salon d'Ouessant.          

Depuis 2002, année où la Nouvelle-Calédonie était l'invitée d'honneur, des liens profonds se sont tissés entre le Salon du Livre insulaire et les écrivains et le monde du livre calédonien. Tous les ans, Ouessant reçoit au salon des écrivains calédoniens. Un partenariat est renouvelé avec l'association des écrivains de Nouvelle-Calédonie. Les écrivains Calédoniens contribuent régulièrement à notre revue L'archipel des Lettres

                                            

Anne Bihan

Née en Bretagne, Anne Bihan s’envole pour la Nouvelle-Calédonie un jour de mai 1989. Sa vie et son écriture se sont depuis laissé profondément traverser par cet archipel d’Océanie dont elle partage durablement le destin, même si c’est l’île de Bréhat en Côtes d’Armor qui donne à son premier roman, Miroirs d’îles, son paysage. Et Saint-Nazaire qu’explore Port-Nazaire, l’une de ses premières écritures théâtrales. Se tenir entre, poème paru en 2009 dans la revue La Traductière, s’attache à explorer ce « je pluriel » qui est désormais le sien.
Poète et dramaturge, auteure de nouvelles et d’essais divers sur les écritures océaniennes, elle a été lauréate en 2003 d’une bourse du Centre national du livre pour son parcours d’écriture théâtrale, et invitée de la Comédie française en 2006 dans le cadre de la Semaine de l’Océanie. Une dizaine de ses pièces ont été créées en scène, en Bretagne, Nouvelle-Calédonie, au Vanuatu, à Wallis-et-Futuna et Tahiti.
Invitée du Festival franco-anglais de poésie à Melbourne (Australie) en 2008, elle a obtenu en 2009 l’aide à l’écriture de la Province sud de la Nouvelle-Calédonie pour un recueil de nouvelles en cours de création. Elle est par ailleurs régulièrement publiée en revue en France, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française (Le Mâche-Laurier ; La Traductière ; Carnavalesques ; Sillages d’Océanie ; Episodes Nouvelle-Calédonie ; Litterama’ohi, etc.). Elle contribue depuis l’origine à l’Archipel des lettres, revue de l’association du Salon du livre insulaire d’Ouessant.
En 2009, sa nouvelle « Trois fragments d'épiphanie » a paru dans Au nom de la fragilité : des mots d'écrivains, recueil collectif publié aux Éditions Érès sous la direction de Charles Gardou, avec le soutien de Tahar Ben Jelloun.
Elle est membre notamment de l’Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie (AENC) et du Centre de géopoétique de Nouvelle-Calédonie.
Quelques œuvres publiées
Théâtre
V ou Portraits de famille au couteau de cuisine. Nouméa : Éditions Traversées, 2004.
Parades. Nouméa : Éditions Traversées, 2004.
Collision et autres traversées, recueil de quatre pièces courtes. Nouméa : Éditions Traversées, 2007.
Roman
Miroirs d'îles. Avec un frontispice de Sayed Darwiche. Saint-Nazaire : Éditions Arcane 17, 1984.
Nouvelles
« Extraction ». Jour & nuit - La SLN depuis 125 ans... Nouméa : Société le Nickel, 2005. Et site remue.net.
« Un Souffle si doux », dans Sillages d’Océanie 2007. Nouméa : revue de l’AENC. Et site remue.net.
« Prémices », dans Sillages d’Océanie 2009. Nouméa : revue de l’AENC.
« L'Odeur des sorghos », dans revue Épisodes n° 2. Nouméa, octobre 2009.
« Trois fragments d'épiphanie », dans Au nom de la fragilité : des mots d'écrivains. Paris: Éditions Érès, 2009.
Autres
SLN, hier, aujourd'hui, demain. Trente portraits de salariés de la Société le nickel, textes d'Anne Bihan, photographies de David Becker. Nouméa : Société le Nickel, 2005.
Photo jointe : Anne Bihan © Denis Gallic

Catherine C. Laurent
Née à Nancy, Lorraine, en 1962, Catherine C. Laurent migre doucement de cette terre qu’elle tient pour trop froide, trop sombre, vers des jardins plus lumineux. Ceux d’Aix-en-Provence d’abord, où elle poursuit ses études en lettres modernes et langue arabe, puis de Tunisie et d’Inde. Après un séjour bref et intense à Saint-Pierre-et-Miquelon, ceux enfin de la Nouvelle-Calédonie, archipel qu’elle aborde fin 1993 et où elle réside aujourd’hui.
Etudiante, c’est au « nomadisme intellectuel », de Mircea Eliade, Kenneth White et Le Clézio, qu’elle consacre sa maîtrise de lettres, avant de plonger dans l’étude d’autres écrivains voyageurs tels Nicolas Bouvier. Enseignante de lettres à Nouméa, elle s’attache à ouvrir pour ses élèves les horizons d’une île où son écriture poétique et romanesque se développe dans une tension permanente entre profondeur et légèreté.
Après un premier recueil de poésie, Le Cœur tranquille, où elle évoque son séjour à Bourail, au cœur de la Grande terre calédonienne, elle choisit d’embarquer son lecteur loin du Pacifique, dans l’Egypte des guerres napoléoniennes, avec un roman, Dernière campagne. Suivra un bref recueil poétique, Jardin intérieur, puis tout récemment un documentaire jeunesse, consacré à la Nouvelle-Calédonie. Elle participe régulièrement par ailleurs à des revues en Nouvelle-Calédonie (Sillages d’Océanie ; Episodes Nouvelle-Calédonie) et à Tahiti (Litterama’ohi).
Catherine Laurent est membre de l’Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie (AENC) et du Centre de géopoétique de Nouvelle-Calédonie.
Quelques œuvres publiées
Roman
Dernière Campagne. Nouméa: Éditions Rhizome, 2003.
Poésie
Le Cœur tranquille. Illustrations de Johannes Wahono. Nouméa: L'Herbier de Feu, 1999.
Jardin intérieur. Nouméa: Éditions L'Herbier de Feu, 2005.
Jeunesse
Nouvelle-Calédonie. Illustrations de Bénédicte Nemo. Nîmes : Editions Grandir, 2010.
Textes parus dans des ouvrages collectifs:
« La Dette », nouvelle. Sillages d'Océanie 2007. Nouméa: revue de l’AENC.
« Il suffirait », extrait de Bleue l'âme du jardin (roman inédit), et « La Parole, le Partage », réflexion. Sillages d'Océanie 2009. Nouméa: revue de l’AENC.
Photo jointe : Catherine Laurent © Alfe Jocksan

Denis Pourawa
Né à Nouméa en 1974, Denis Pourawa est originaire de la tribu de Mérénémé. Il grandit à Canala, sur la côte Est de la Nouvelle-Calédonie. Il a dix ans en 1984, lorsqu’a lieu la tragédie de Hienghène où dix militants kanak de la cause indépendantiste sont tués. Il en a 15 lorsque les leaders indépendantistes Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné sont assassinés par un des leurs lors des cérémonies de levée de deuil de l’attaque de la grotte d’Ouvéa.
Cette période de graves tensions, pudiquement nommée les Evénements, le marque profondément. Il n’achève pas sa scolarité, mais s’investit dans la vie culturelle et militante, et fait une incursion dans le journalisme pour la revue culturelle Mwà Véé, publiée par le centre culturel Tjibaou. Très tôt surtout, il perçoit que l’écriture sera son chemin d’expression et d’exploration du monde, de son identité, des risques et des enjeux de la rencontre avec l’autre.
En 2003, après une suite de rencontres intenses autour du livre, toujours sous l’égide du centre culturel Tjibaou et avec la complicité de l’illustrateur Eric Mouchonnière, il réinvestit l’un des mythes fondateurs kanak en écrivant un album jeunesse bilingue, Téâ Kanaké, l’homme aux cinq vies. Puis en 2006, sa poésie entre en résonance avec les photographies de l’artiste Tokiko, consacrées aux mots, dessins, graffitis laissés sur les murs de maisons et d’immeubles marqués pour beaucoup par les Evénements. Ce sera Entre voir : les mots des murs.
Depuis début 2009, Denis Pourawa est en résidence en France. Il y approfondit son engagement littéraire, tout en explorant avec avidité les arts et les littératures qui s’offrent à lui au fil des rencontres. Il a dans ce contexte écrit La Tarodière, recueil de poésie que viennent de publier les éditions Vents d’ailleurs. Il est membre par ailleurs de l’Association des écrivains de la Nouvelle-Calédonie (AENC).
Bibliographie
Poésie
Entre voir : les mots des murs. Photographies de Tokiko. Nouméa: L'Herbier de Feu/Grain de sable, 2006.
La Tarodière. Nouméa: Éditions Vents d’ailleurs, 2010.
Jeunesse
Téâ Kanaké, l’homme aux cinq vies. Illustrations d’Eric Mouchonnière. Nouméa : ADCK – Centre culturel Tjibaou/Grain de sable, 2003.
Photo jointe : Denis Pourawa © Eric Dell’Erba