CONCOURS DE NOUVELLES 2009

Retrouvez ci-dessous le règlement 2009 et les 3 textes lauréats 2008

Réglement 2009


Article 1 : Un concours de nouvelles est organisé par l'association CALI dans le cadre du 11ème Salon International du livre Insulaire du 10 juin 2009 au 10 août 2009. Ce concours est gratuit et ouvert à tous.
3 catégories :
· enfants de moins de 12 ans
· jeunes de 12 à 16 ans
· adultes de 16 ans et plus


Article 2 :Les participants au concours devront rédiger une nouvelle inédite sur le thème:
"Entre St Pierre et Miquelon et le Finistère, un bateau, un îlot, un albatros hurleur et une mouette rieuse. "


Article 3 :
Ce concours sera clos le 10 août 2009 à minuit cachet de la poste faisant foi (les nouvelles reçues après cette date ne seront pas prises en compte).
Article 4 : Les envois seront adressés soit,

par voie postale: Concours de Nouvelles 2009 - Association CALI - BP 10  - 29242 Ouessant

soit, par courriel: concours-de-nouvelles@livre-insulaire.fr
Article 5 : Les textes soumis devront être inédits et écrits en français, sur, au maximum, 4 pages au format A4 (21 x 29.7 cm), soit 2 feuilles recto-verso. De préférence dactylographiés, et dans ce cas rédigés en corps 12, intervalle simple. Ecrire lisiblement dans le cas de textes manuscrits. Le jury se réserve le droit de ne pas faire concourir un texte trop mal présenté. Un seul texte par candidat. 

Article 6 : Les textes devront être anonymes et ne comporter aucun élément permettant d'identifier leur auteur (signature, symbole...). Chaque participant précisera ses nom, prénom, âge, adresse, numéro(s) de téléphone, et adresse courriel, ainsi que le titre de sa nouvelle, sur un feuillet séparé qui sera joint à l'envoi. Dans le cas des envois par internet, le texte doit faire l'objet d'une pièce jointe, les données évoquées ci-dessus devant figurer dans le corps du message ou faire l'objet d'une deuxième pièce jointe, au choix. Les manuscrits ne seront pas rendus. Dans l'éventualité de perte, de vol ou de dégradation de l'oeuvre envoyée, les organisateurs ne sauraient être tenus pour responsables.

Article 7 : Le jury se compose de cinq membres choisis par l'organisation du concours. Le jury se réserve le droit de ne pas décerner tous les prix si la qualité des textes n'est pas satisfaisante selon ses critères propres. Les délibérations du jury sont confidentielles. Ses décisions sont souveraines et sans appel.

Article 8 : Les auteurs des nouvelles primées recevront des chèques-livres d'une valeur de 45 euros pour la catégorie "enfants", de 75 euros pour la catégorie "jeunes" et 120 euros pour la catégorie "adultes", à dépenser dans les stands des éditeurs, librairies et auteurs présents au Salon. Dans le cas où le/les lauréats ne pourraient être sur place, un lot de livres équivalent à la somme gagnée sera constitué par le jury et adressé par voie postale.

Article 9 : Du seul fait de leur participation, les candidats garantissent l'association CALI et le jury contre tout recours éventuel de tiers en ce qui concerne l'originalité et le contenu des oeuvres présentées. Le fait de poser sa candidature implique, pour tous les concurrents, l'acceptation intégrale du présent règlement. Les candidats primés acceptent, sans aucune réserve, que leur texte fasse l'objet d'une publication dans la revue "L'Archipel des lettres" de mars 2010, sans pour autant se prévaloir d'un droit d'auteur.

Article 10 : Les lauréats seront prévenus par téléphone, courriel ou courrier des résultats. L'annonce des lauréats se fera lors la remise des prix le vendredi 21 août 2009. 




 CONCOURS DE NOUVELLES 2008

1- Lauréat Adultes : "Caprice ? " de Marie-Pierre Lestideau

 

 Caprice ?


Depuis quelques temps, la mer faisait grise mine. Et même aux jours de grand soleil, le ciel repérait sur la peau des vagues comme une fine pellicule de morosité. Ce n'était pas vraiment de la tristesse, puisqu'il la voyait rire encore, au bord des plages, en éclaboussements d'écume. Mais même dans ces joyeux débordements, il sentait comme une lassitude.
- Qu'est ce que tu as ? lui demanda-t-il doucement dans un frôlement de nuages.
- Rien, dit la mer. Rien du tout.
- A d'autres, lui répondit le ciel. Je te connais. Je sais quand tu es triste. Raconte-moi.
- J'ai fait un rêve, dit la mer.
- De quoi as-tu envie ? Dis-le moi. Je te le donnerai, tu le sais bien.
- C'était juste un rêve...
- Je crois que je sais. Je t'ai moins caressée de vent ces derniers temps.
- Non, non. Tes petites brises m'ont suffit. Elles étaient douces et précises. J'ai bien aimé, je t'assure.
- Alors, tu veux encore des ces coquillages brillants que je sèche de soleil pour que tu dessines du bout des tes vagues, des colliers de couleurs sur le sable ?
- Merci, j'en ai tellement.
- Tu veux des algues ? Je les aime tant, tes dessous d'algues quand je découvre, à chaque marée, des odeurs nouvelles aux creux iodés de tes dentelles. Tu en veux d'autres ?
- Non.
- Non ? Ni perles, ni dentelles, ni caresses ? Mais qu'est-ce tu peux bien vouloir d'autre ?
- J'ai rêvé d'une île, dit la mer.
- D'une île ! Mais tu en as plein, d'îles !
- Je voudrais qu'on en fasse une autre.
- Mais pourquoi ? Je pensais, au contraire, que tu en avais trop. J'ai bien vu que, de temps en temps, tu en recouvres quelques unes.
- C'est parce que j'ai un peu grossi ces derniers temps et celles-là étaient très plates.
- Et tu en veux une autre ?
- Oui. J'ai envie d'une île, toute nouvelle, une qu'on ferait ensemble, tous les deux, juste toi et moi, comme avant.
- Comme avant ? On a un peu vieilli, figure-toi.
- Ca n'empêche pas.
- Tu sais le temps et la force qu'il faut, pour faire une île ?
- Je sais. Tu ne m'aimes plus autant qu'avant.
- Ca n'a rien à voir ! Tu le sais très bien que je t'aime. Regarde-moi. Ta tristesse me rend tout gris. J'aime tout de toi. J'aime le chatoiement de tes reflets multiples. J'aime la profondeur sombre de tes gouffres et la transparence de tes étirements. J'aime la douceur satinée de tes vagues, le fracas étincelant de tes rires, la fulgurance de tes colères. J'aime quand mes doigts de vent et mes langues de soleil te font transpirer des
nuages. Je ne veux rien d'autre que te rendre heureuse.
- Alors, fais-moi une île.
- Et tu la veux comment, ton île ?
- Toute ronde.
- Ronde ? Tu sais qu'il faut pour ça, que l'on s'aime si fort et si longtemps que la terre, sous toi, se mette à trembler ? Tu sais qu'il faut qu'elle se fende et que jaillisse hors d'elle le magma de son ventre ? Et puis qu'elle te traverse, faisant bouillir tes eaux ?
Jusqu'à ce qu'une île sorte de toi, toute fumante, brûlante et ronde ?
- Ces roches-là sont trop légères. J'aimerai sur ma prochaine île des rochers solides et ventrus, gros, ronds, serrés les uns contre les autres comme un troupeau d'hippopotames qui dormiraient sous le soleil.
- Des hippopotames ! Tu as trouvé ça, où ?
- Là-bas, plus loin. Ou des grosses baleines, si tu veux.
- Je ne veux rien. Tu sais le temps qu'il faut pour poncer des rochers tout neufs, jusqu'à ce qu'ils ressemblent à des baleines endormies ou à des hippopotames, si tu préfères ?
- Bien sûr, je sais. Mais ceux-là, ceux que je veux pour mon île, je les ai déjà si souvent caressés, si longuement frottés de sable et d'eau qu'ils ont pris forme lentement au fond de moi.
- Comment ça ?
- J'ai là, sous moi, juste là, un endroit très sensible qui palpite à chaque fois qu'on fait un peu trembler la terre. Ca a monté, un jour, dans un repli du sol. Et puis, c'est devenu comme une montagne que je sens peu à peu grandir et prendre forme tout doucement en moi. Je la dorlote. je la caresse. J'en ai déjà usé, en boules rondes, le sommet de granite. Et maintenant, c'est prêt, je veux que tu la voies.
- Hum. Et quand aimerais-tu ...?
- Maintenant.
- Quoi maintenant ?
- Maintenant, là, tout de suite.
- Mais tu sais très bien que c'est impossible ! Ce sont des choses qui se préparent, qui se programment. Je n'ai même pas la lune à la bonne place.
- Il fut un temps où ce genre de détails ne te dérangeait pas.
- C'est quand ta prochaine grande marée ?
- Il fut un temps où tu ne posais pas ce genre de questions.
- Tu veux que je te dises ? Tu fais un caprice.
- Eh bien, c'est un très joli nom pour une île, je trouve.
Le ciel ne bougea pas tout de suite lorsque la mer l'éclaboussa, du haut de chacune de ses vagues, d'un émoustillant clapotis. Mais petit à petit, il se mit à jouer de tous ses doigts de vent dans les ondulations de l’eau. Il la caressait à rebrousse vagues, ébouriffant ses mèches blanches. Et la mer se creusait tandis qu’il s’embuait de leur respiration commune.
- Doucement, dit la mer. Il ne s’agit pas de réveiller tous les volcans.
- Alors, où se trouve-t-il, murmura le ciel, cet endroit si sensible que je ne connais pas ?
- Attends, dit la mer. Je vais te monter.
Et le ciel se laissa guider, épousant le rythme des vagues.
Le balancement régulier de l’eau entraîna des remous au fond des profondeurs opaques et des ruissellements de sable entre les enchevêtrements de roches et des soulèvements de goémons froufrouteux d’où s’échappaient des volutes d’effluves moites
qui se mêlaient à l’haleine embrumée du ciel, tandis que ces va et vient intérieurs réveillaient le coeur de la terre.
- Doucement, chuchotait la mer. Doucement. Doucement.
Les pulsations de feu, pourtant, s'accélérèrent et l'écorce trembla, faisant glisser ses plaques immenses l'une contre l'autre. Alors la mer, d'un seul coup, se cabra vers le ciel, vidant les côtes en lacérant le drap des plages. Et le ciel fit rouler ses nuées, hurlant le feu dans un énorme grondement qui recouvrit l'intense gémissement de la mer.
Et puis tout s'arrêta dans un terrible instant de silence.
Le vent poussa un long soupir qui déchira toute la ouate du ciel en effilochements d'écharpe rubescente.
Alors, la mer, comblée, se relâcha. Elle reflua sur les plages éberluées, râpant les dunes, noyant les terres, tandis qu'en son milieu s'écartelaient les vagues.
- Je la vois, dit le ciel, bouleversé, en rougissant encore.
L'île, ruisselante, bercée de houle, sembla d'abord, entièrement sculptée d'eau blanche.
Puis l'effervescence des cascades rejoignit le bouillonnement mousseux de la mer et les pierres rondes apparurent, les plus petites blotties contre le flanc des grosses, luisantes et presque roses, sous les rayons obliques.
- Elle est très belle, dit le ciel. Elle est exactement comme tu la voulais.
Des colonies de petits coquillages pointus auxquels s'accrochaient des lambeaux d'algues arrachées aux abysses, croûtaient le dos des roches neuves et le sol de la petite île était encore gorgé du liquide salé qui l'avait si longtemps contenue.
- Demain, se dit le ciel, je l'arroserai d'eau douce et la sécherai de vent tiède. Le soleil, bientôt, asséchera ses flaques vertes et les oiseaux viendront déposer sur ses pentes des promesses de dunes pointillées de couleurs. Les vagues combleront d'un édredon moelleux toutes ses échancrures et les broderont d'un canevas mouvant, dans le
cliquetis mouillé des coquilles...
- A quoi penses-tu ? lui demanda la mer ensommeillée.
- Je rêvais, lui répondit le ciel. Je rêvais d'une île.
...

 

 2- Lauréat Jeunes : "Comme une vague " de Eloise Eloi-Hammer

 

 Comme une vague

Se penchant sur l’océan, le ciel murmure à la mer : « Ce à quoi tu rêves, je te le donne ». « Je rêve… d’une île » répond la mer du bout des vagues. « Raconte-moi ton île » demande le ciel…
- Sur mon île, répondit la première vague, se dresseraient d’immenses rochers insurmontables. L’herbe y serait épaisse et colorée, et de toutes petites fleurs de toutes les couleurs la recouvreraient ; de grands oiseaux magnifiques m’accompagneraient dans ma course folle et me frôleraient.
- Mon île ne serait pas plate, dit la deuxième vague, mais elle ne serait pas montagneuse pour autant. Sur mon île, s’étendraient de magnifiques plages de galets, qui seraient tous plus étincelants les uns que les autres. L’air de mon île ne serait pas infecté par les odeurs déplaisantes de ces affreux monstres à roues que les hommes nomment « voitures ».
- Mon île serait hors du commun, dit la troisième vague. Des champs entiers seraient recouverts de cette magnifique fleur violette, la bruyère.
- Pour aller avec mon île, reprit la quatrième vague, j’aurais une robe qui ne serait ni verte ni bleu turquoise. J’aurais une robe différente, une robe couleur tempête.
- Sur mon île, dit la cinquième vague, un animal recouvert de laine serait commun et son pelage rappellerait mon écume. Des crabes habiteraient les rochers sur lesquels je déchaînerais ma colère.
- Les humains de mon île, dit la sixième vague, ne seraient pas comme les autres : ils seraient courageux et robustes et fabriqueraient des tas de magnifiques petits objets et vêtements en laine, de plus ils feraient du miel délicieux, car mon île bénéficierait d’une espèce d’abeille très particulière, couleur de la nuit.
- Mon île serait très lumineuse, reprit la septième vague, et serait couverte de jolies petites maisons. Sur mon île, tout le monde me trouverait magnifique et admirerait ma fougue. - Sur mon île, dit la huitième vague, il n’y aurait ni sexisme, ni racisme, enfin, pas de discrimination. Les habitants de mon île seraient accueillants, honnêtes et calmes.
- Sur mon île, dit la neuvième vague, tout le monde serait heureux, et même pendant les pires orages, un faisceau lumineux resterait toujours visible.
- Mon île, dit la dixième vague, serait coupée du monde, et les gens en parleraient avec les yeux brillants.
- Sur mon île, reprit la onzième vague, les jours de mauvais temps, le vent agiterait violemment les branches des arbres. La pluie frapperait fortement aux portes, mais personne ne lui ouvrirait.
- Les jours de beau temps, dit la douzième vague, le soleil se reflèterait sur moi et je deviendrais d’un joli bleu foncé, de nombreux arbustes recouvriraient mon île et au printemps, les petites feuilles naissantes des arbustes promettraient un magnifique été.
- En été, dit la treizième vague, la végétation luxuriante de mon île attirerait l’attention de tous.
- En automne, dit la quatorzième vague, les habitants pourraient entendre des feuilles rouges, orange et marron craqueler sous leur pas.
- En hiver, dit la quinzième vague, toute mon île serait recouverte d’un magnifique tapis blanc, et les enfants en profiteraient pour faire des batailles de boules de neige.
- Il y aurait sur mon île, dit la seizième vague, une grotte magnifique, et en entrant dedans, on pourrait voir une eau claire, limpide, couleur du bonheur.
- Sur mon île, reprit la dix-septième vague, se promèneraient de jolis petits chevaux de toutes les couleurs.
- L’alimentation des habitants de mon île, dit la dix-huitième vague, serait principalement constituée de crêpes, de légumes et de fruits, car sur mon île pousseraient des centaines de légumes de toutes les formes et de tous les goûts. Mon île serait également riche en fruits car ses habitants profiteraient d’une terre très fertile.
- Mon île, dit la dix-neuvième vague, serait de toutes les couleurs et toutes ces couleurs s’accoupleraient harmonieusement. Sur mon île s’étendraient d’immenses champs de blé, de maïs et d’orge.
- D’immenses phares surplomberaient mon île de toute leur hauteur, dit la vingtième vague.
- De nombreux bâtiments et barrières, dit la vingt-et-unième vague, seraient bâtis en pierre.
- Aux fenêtres des maisons, dit la vingt-deuxième vague, seraient souvent accrochés de jolis petits rideaux blancs.
- Sur mon île, reprit la vingt-troisième vague, les grandes cigognes seraient familières aux habitants car elles apporteraient souvent une petite boule de bonheur : un bébé.
- Mon île, dit la dernière vague, ressemblerait à un village.
Et comme toutes les autres vagues, dès qu’elle eut fini sa phrase, la dernière vague mourut.
- Vous voyez, dit la mer, la vie, c’est comme une vague. Qu’elle soit longue ou courte, on ne peut jamais finir ce que l’on a commencé. Mais moi, qui suis immortelle, je me fais un plaisir d’en profiter.
En disant ces mots, la mer partit s’amuser avec son île.

 

 3- Enfant : "Le ciel et l'océan " de Victoria Lebret

 

 Le Ciel et l'Océan


Sur mon île, il y aurait des oiseaux, des arbres argentés, du sable brillant, de la mer chaude comme du soleil, des rochers qui scintillent. Un phare qui a attrapé un coup de soleil, des pierres rouges, des fleurs roses et des maisons dorées.
Les fleurs, on pourrait les cueillir, les rochers, on pourrait les caresser, le phare, on pourrait le toucher au sommet.
On pourrait prendre un vélo pour explorer l'île, on pourrait déjeuner sur les grandes plages. Les chemins seraient longs et jolis, avec de la terre claire.
- C'est ça ton vœu ?
- Oui, il faudrait aussi de l'herbe fraîche pour les chevaux, du blé pour faire de la farine. Il y aurait un village fleuri, avec des maisons et des boîtes à lettres, un coq dans un jardin. Une route qui va vers les vitrines et un manège avec plein de jouets qui tournent. Il y aurait une église, avec une baleine sur le clocher.
- Y a-t-il autre chose que tu veux ?
- Oui, je voudrais un soleil dans mon île, pour éclairer le monde.
Des bateaux, gros et petits, dans un port, des poissons de toutes les couleurs, des dauphins et des sirènes.
- L'île de tes rêves est magnifique. Je vais réaliser ton rêve.
- Oh merci mon Ami !